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Trois balles dans la nuque, par derrière. Le 6 février 1998, le préfet Claude Érignac, en «mission» à Ajaccio pour tenter de ramener la paix dans l'île et apaiser des agriculteurs endettés, est assassiné. La réprobation des Corses est immense. Ils descendent dans la rue. Paris s'entête à poursuivre une fausse «piste agricole» qui envoie des dizaines d'exploitants en prison, dont plusieurs témoignent dans ce deuxième épisode. Pour succéder à Érignac, Paris nomme un préfet à poigne, Bernard Bonnet, qui finit... en prison. L'étau se resserre sur un groupe de militants venus de Cargèse. Les membres du commando sont arrêtés, sauf Yvan Colonna
23:00
Le 4 juillet 2003, après quatre ans dans le maquis, Yvan Colonna est arrêté chez un éleveur de chèvres comme lui. Nicolas Sarkozy se félicite de l'arrestation de «l'assassin du préfet Érignac»... Durant le procès d'Yvan Colonna, Alain Ferrandi, chef du commando Érignac, refuse de dédouaner celui-ci. Dix-huit ans de prison plus tard, Colonna est un détenu «libérable» rêvant de rejoindre son fils aîné. Mais en mars 2022, un islamiste radicalisé nommé «auxiliaire sport» l'étrangle à mort. L'île s'embrase, crie au complot et accourt aux funérailles de celui auquel elle avait tourné le dos après l'assassinat du préfet
23:50
L'île de Beauté fut longtemps une île de misère, où la malaria infestait les côtes et la vendetta gangrénait les montagnes. Ce n'est qu'en 1943 que la Corse, premier territoire français libéré, sort de son isolement. Les militaires américains transforment l'île en porte-avions géant, assainissent le littoral et font découvrir à la population locale les premiers bienfaits de la modernité. La Corse devient alors une destination de rêve pour les vacanciers venus du continent. Mais les clans politiques prennent en otage cette ruée vers l'or bleu : bétonisation, pollution, corruption. Le peuple corse se révolte, les plus radicaux prennent les armes, le pillage de l'île est enrayé